L’innovation est l’un des plus grands défis de la production viticole. Or face à l’urgence climatique, on remarque actuellement que la filière des vins et spiritueux a du mal à trouver des solutions. Sans doute par manque d’anticipation, sans doute aussi parce que le challenge est grand… mais il est urgent d’innover !

Un contexte alarmant qui pousse à innover

Les experts internationaux sont parvenus à un accord significatif sur l’occurrence du changement climatique (CC) comme principal facteur entravant la production de vin en dehors de la technologie. Le réchauffement climatique est irréfutable, selon le quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (GIEC, 2013). Il est bien reconnu que les vignobles sont très sensibles aux conditions climatiques, notamment à la température et aux précipitations (Jones et al., 2005). On prévoit que la qualité totale des vins sera influencée par les changements dans les tendances de température passées et futures. Par exemple, en raison de la hausse des températures, une variation des dates de récolte a été remarquée dans les anciens pays producteurs au fil des ans, et le climat semble jouer un rôle important dans les variations de qualité (Jones et al., 2005).

Malgré cela, on sait peu de choses sur les réponses possibles des régions viticoles aux différents changements (Seguin, 2007), ou sur les tactiques d’adaptation efficaces. Cependant, il ne fait aucun doute que les scénarios de changement proposés par le GIEC produiront d’énormes bouleversements dans la filière viticole mondiale, que ce soit en termes de répartition spatiale des vignobles ou de méthodes de culture du vin. Au-delà de l’article provocateur de Hannah et al. (2013), qui prévoyait une réduction de 25 à 73 % des surfaces viticoles d’ici 2050 (ceteris paribus, sans aucune adaptation), van Leeuwen et al. (2013) ont démontré que le maintien du potentiel qualitatif des vignobles est le résultat de processus d’adaptation combinant le développement d’innovations techniques et de stratégies d’adaptation dans les vignobles et les caves, avec des choix variés pour la localisation des labours.

Face à toutes ces études, peu d’entreprises ont pleinement pris conscience de la nécessité de remettre en question son modèle actuel et de chercher une autre. En d’autres termes, d’innover.

Le changement climatique nous impose de repenser notre modèle

Dans une grande partie des régions tempérées des États-Unis et de l’Europe, l’excès de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a entraîné des printemps plus chauds, un air plus humide et des pluies plus fréquentes. Les températures plus chaudes accélèrent la maturation des raisins, mais l’humidité les rend plus sensibles aux parasites et aux maladies telles que les infections fongiques, le mildiou et la pourriture des grappes.

Le réchauffement des températures est un problème pour les régions viticoles du monde entier, et pas seulement en Europe. Un environnement déstabilisé dans l’État de New York, qui produit la majorité des rieslings américains, fait que les raisins fleurissent et mûrissent plus tôt. Partout dans le monde les vignerons parlent d’une vendange qui arrive de plus en plus tôt.

Ce changement est en route, cela est incontestable. Le nombre de calamités agricoles ne cessent d’augmenter aux quatre coins du monde. Débourrement précoce puis gel puis sécheresse puis inondations… Ce cercle infernal est pourtant devenu coutumier dans certaines régions.

Penser à adapter notre matériel végétal

La sélection de types de raisins plus résistants au changement climatique, l’essai d’applications et de technologies pour aider à la prise de décisions en matière de gestion de la récolte et la modification du feuillage des plantes pour voir comment il peut aider la plante à s’adapter sont quelques-unes des rares innovations dans le secteur viticole européen.

Nous comprenons progressivement un peu mieux ce qui arrive à la plante en cas de stress dû à la température ou à la sécheresse », a expliqué le Dr Adam-Blondon, « car il est assez difficile de comprendre comment la plante favorise ou non certains métabolites par rapport à d’autres ».

L’étude est presque terminée, et plusieurs articles sur les nouvelles pratiques de gestion des vignobles ont été rédigés.

L’Union européenne compte 1,6 million de vignes et l’industrie du vin représente 5 milliards d’euros par an. La France, l’Italie et l’Espagne représentent environ 80 % de la production, les autres producteurs importants étant l’Allemagne, le Portugal, la Roumanie, la Grèce et la Hongrie.

Il est plus que temps de travailler et d’adapter nos techniques et nos méthodes de culture pour nous adapter au changement. En effet, face à dame nature, nous le constatons les artefacts sont souvent insuffisants.

A titre exemple, face au gel, les bougies, les chaufferettes, les radiateurs, les souffleurs, les éoliennes sont bien insuffisants quand les températures chutent bien en deça de 0. Et ces solutions sont souvent énergivores. Pourquoi pas plutôt investir dans la recherche pour repenser quand tailler, quel matériel végétal planter ?

Pour aller plus loin…

 
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